Connaissez-vous le FOMO?

Rédigé par La Voix

Êtes-vous atteint du FOMO? Demain, c’est la journée mondiale sans Facebook! Dans les faits, cette journée se voit pour but de lutter contre la cyberdépendance. Mais avec une moyenne de 2h25 par jour passées sur le réseau social et ses 2,80 milliards d’utilisateurs actifs mensuels en 2020, est-il encore légitime d’espérer passer une journée sans Facebook en 2021?

Miroir, mon beau miroir… 🤳

Souvent comparés à des journaux “extimes” ou encore un prolongement de soi-même, il faut avouer qu’on n’oublie de préciser que les réseaux sociaux sont injectés d’une bonne dose d’idéalisme. Malgré que nous soyons conscients de tricher sur nos réseaux personnels, cela ne nous empêche pas de parfois tomber dans le piège vicieux de croire que les autres vivent une vie démentielle. Certes, vous n’avez pas la chance de vous réveillez avec le brushing d’Eva Longoria, mais les autres non plus. Ces miroirs déformants, à force de trop les regarder, peuvent avoir des conséquences néfastes. Nos vies deviennent mesurables à coup de “likes” sous notre dernière photo Instagram. Le retour de la médaille des modes de vie édulcorés et mis en scène aux traits subtils de l’illusion n’est autre que l’angoisse. Certains médias ont même été jusqu’à appeler cela “la maladie du siècle“. 

FOMO Facebook

La maladie du siècle? 🤒

Le FOMO est la peur éprouvée par quelqu’un à l’idée de manquer un événement intéressant, associée à l’idée que les autres mènent une vie plus trépidante, plus passionnante. À cela s’ajoute un désir de rester en contact permanent avec les autres sur Internet pour savoir ce qu’ils font.

Ionos

Autrefois nommée le FOBO (“Fear Of A Better Option“), le néologisme FOMO voit le jour dans le début du XXIe siècle. C’est l’expression anglaise “Fear Of Missing Out” qu’on retrouve raccourcie. Cet acronyme qui se traduit tout simplement par le fait d’avoir peur de passer à côté de quelque chose. Evidemment, il ne s’agit pas là d’un sentiment nouveau. Depuis la nuit des temps, les hommes ont pu ressentir la peur d’avoir une vie moins bien que celle de son voisin, d’être exclu, de ne pas “être dans le coup” (bien que dire “être dans le coup”, c’est déjà ne plus l’être). Cependant, les réseaux sociaux ont souligné ce phénomène en l’intensifiant plutôt deux fois qu’une. 

Vous êtes angoissé à l’idée de ne pas être invité à la prochaine soirée, de louper un sujet d’actu à la mode ou de ne pas avoir une vie assez instagrammable? Vous faites peut-être partie de ces personnes!

De la peur aux ventes 🛒

Il n’en fallait pas plus pour en créer une technique de marketing. Quoi de mieux que de surfer sur la peur des consommateurs pour faire vendre? Utilisé le FOMO consiste à faire en sorte que le consommateur fasse un effort pour avoir ce que l’entreprise possède.

On vous donne quelques exemples…

Placer un compte à rebours sur un site Internet qui propose une promotion limitée dans le temps. Par exemple, un site e-commerce qui offre la livraison pendant une journée.

👜 Vendre des contre-façons. Par exemple, l’achat d’un faux sac Chanel peut donner l’impression qu’on mène une vie luxueuse et qu’on est heureux.

🎟 Proposer un nombre d’invitations limitées. Par exemple, l’application Clubhouse donne un sentiment de rareté en offrant uniquement deux invitations à distribuer par personnes. On en parle plus en profondeur ICI.

💬 Mettre en avant des témoignages. Par exemple, en montrant qu’un grand nombre de personnes adhère à un produit, cela constitue une preuve sociale et pousse à passer à l’action.  

La recette magique ✨

On retrouve la création de plusieurs sentiments comme celui de la rareté (stock bas, limitation dans le temps) et de l’exclusivité (invitations pour les privilégiés) mais aussi le recours à la preuve sociale (témoignages). Ainsi, qu’on y adhère ou non, ce sont des techniques qui ont fait leur preuve dans le secteur du marketing.

Face à cela, Anil Dash a voulu s’imposer à contre-courant en créant son voisin antagonique.

Le JOMO (“Joy Of Missing Out“) est le plaisir de manquer quelque chose.

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C’est désormais le fait de se déconnecter qui est mis à l’honneur, en insistant sur les bienfaits de se purger des médias sociaux. Mais on a un petit doute sur sa crédibilité. Est-ce que parler de JOMO, ce n’est pas déjà être dans le FOMO?

Comme on sait que l’excès nuit en tout chez BUBBLING, on finira par un dernier mot un peu plus raisonnable: le DCAMO (“Don’t Care About Missing Out“) qui prône simplement le fait d’être indifférent de manquer quelque chose sur les espaces virtuels. 

Qu’en pensez-vous? Vous êtes plutôt FOMO, JOMO ou DCAMO?