La face cachée du Blue Monday

Rédigé par La Voix

Vous avez sûrement entendu parler du Black Friday, du Cyber Monday, ou encore de la Black Week… C’est désormais au tour du traditionnel Blue Monday de pointer le bout de son nez. 

Le lundi n’a pas la plus belle réputation, et le Blue Monday ne va rien y changer. Jour prétendu “le plus déprimant de l’année”, il accentue les croyances planant au dessus du lundi. On finit presque par en avoir peur. Est-ce que la déprime du troisième lundi de janvier serait devenu un passage obligatoire? Il pourrait toutefois se résorber aussi rapidement qu’il n’est venu à coup de promotions alléchantes de la part des marques. Comme si la dépression était un état provisoire pouvant disparaître à l’achat d’une nouvelle tondeuse ou d’un billet d’avion
Certains ont conscience de la supercherie pour pousser à consommer, mais 41% de la population redoutent réellement ce jour. Et pour le redouter, il faut y croire!

Revenons sur l’origine de cette tradition…

L’appellation Blue Monday tire son origine du verbe anglais “to feel blue” signifiant “déprimer”. Le Blue Monday serait donc officiellement le jour le plus déprimant de l’année… Mais sur base de quoi? D’une équation mathématique! Cliff Arnall, un psychologue, a créé une formule pour calculer ce jour. Vous y croyez? On dirait bien, puisque cette tradition dure depuis près de 15 ans désormais. 

Mathématiquement incorrect

Les critères sur lesquels se basent la formule semblent plus que subjectifs et difficilement mesurables. Ainsi, on peut y retrouver la faiblesse de motivation, le temps écoulé depuis Noël, le temps écoulé depuis nos résolutions du Nouvel An, le besoin d’agir… 

formule mathématique blue monday agence de communication
Formule établie par le psychologue Cliff Arnall

Si vous avez du mal à comprendre la formule, on vous la décrit : 

La météo plus la différence des dettes contractées à la période des fêtes avec la capacité effective de remboursements avant la prochaine paie, multipliée par le temps écoulé depuis Noël avec pour exposant, le temps écoulé depuis nos résolutions du Nouvel an, divisé par le manque de motivation, multiplié par le besoin d’agir.

Explication de la formule Cliff Arnall

Assez incroyable comme formule, n’est-ce pas? Le jour le plus heureux a été calculé de façon assez similaire, et est appelé le Yellow Day. Mais rassurez-vous, son auteur a finalement fini par avouer avoir été payé par une agence de voyage pour sa création et sa diffusion. Il regrette d’ailleurs son geste et va jusqu’à en demander son abolition. L’agence a donc mis cette formule à profit afin de promouvoir ses services et pousser à la consommation de billets d’avion lors du mois de janvier. Alors, la vérité une fois établie, pourquoi cette tradition continue-t-elle de se perpétuer? 

C’est quoi le problème?

Un problème persiste : on compare la dépression à un état passager (litérallement d’une journée), qui peut se réparer via l’achat d’un produit ou la consommation d’un service

C’est irrespectueux envers ceux qui souffrent de vraie dépression, car cela sous-entend qu’il s’agit d’une expérience temporaire et mineure, dont tout le monde souffre.

LeMonde.fr

Cette journée, finalement inventée pour servir les intérêts d’une agence de voyage, continue de servir des intérêts commerciaux via le prisme des autres marques. Pas plus tard qu’en 2019, une autre agence de voyage lance sa carte cadeau pour lutter contre le Blue Monday avec le discours suivant:

Les fêtes de fin d’année passées, l’euphorie et la légèreté ont laissé place à la morosité du mois de janvier. Transavia a choisi le Blue Monday, jour le plus déprimant de l’année, pour lancer sa carte cadeau, en partenariat avec Flightgiftcard. La compagnie offre ainsi à ses voyageurs une manière originale de faire plaisir à leurs proches en leur donnant envie de repartir dès à présent, pour commencer l’année 2019 du bon pied ! 

Transavia

Une croyance encore bien présente dans les mentalités…

Certes, il se peut qu’un grand nombre de personnes se sent plus déprimé que d’habitude, ce qui peut s’apparenter à une dépression saisonnière, déjà identifiée par Rosenthal en 1984, justifiée par des critères appelant au bon sens comme le faible taux de luminosité, le manque de finances après les fêtes, la météo hivernale, etc. Et les marketeurs ont bien compris que quand le moral n’est pas là, ce sont les dépenses qui dansent…

Même si le Blue Monday est certainement rentable sur le plan financier, promouvoir l’idée qu’acheter rend plus heureux est un peu moins brillant sur le plan éthique. Sa naissance est clairement le fruit d’un partenariat commercial qui relève plus du mensonge que de la science. Mais la formule continue de faire vendre, au plus grand plaisir de certaines marques… 

En tant qu’agence de communication, nous aidons les marques à véhiculer des valeurs éthiques. Et si vous donniez le sourire à vos clients toute l’année? Contactez-nous!

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